Pourquoi tu as autant faim avant tes règles (et pourquoi tu dois arrêter de t’en vouloir)

Elena

Rédactrice Les Jours d'Elle

Il est 21h. Tu as déjà mangé. Et pourtant, tu es devant le placard, en train de chercher quelque chose, n’importe quoi, du sucré de préférence, alors qu’une petite voix dans ta tête te chuchote : « Encore ? Tu n’as aucune volonté. »

Tu te resers. Tu culpabilises. Tu te dis que demain tu « feras attention ». Et le lendemain, rebelote : une faim plus grande que toi, des envies que tu n’arrives pas à expliquer, et cette honte qui s’installe en silence.

Je vais te dire quelque chose d’important, là, tout de suite : ce n’est pas un manque de volonté. C’est de la biologie. Et si ça tombe systématiquement avant tes règles, ton corps ne te trahit pas, il te parle, dans une langue que personne ne t’a jamais apprise à comprendre. Alors on va l’apprendre ensemble, cette langue. Sans culpabilité. Sans restriction. Juste avec beaucoup de douceur envers toi-même.

💡 Ce qu’il faut retenir tout de suite : avoir plus faim avant tes règles n’est ni un caprice, ni un manque de discipline. C’est une réponse hormonale réelle, mesurable, normale. Tu n’as rien à te reprocher.

Non, tu n’inventes rien (et tu n’es pas seule)

Avant même de parler hormones, j’ai besoin que tu entendes ça : cette faim plus intense, ces envies de sucré ou de salé qui te tombent dessus, ce sentiment de ne « jamais être rassasiée »… des millions de femmes vivent exactement la même chose, chaque mois, en silence, en se demandant ce qui ne va pas chez elles.

Rien ne va « mal » chez toi. Voici à quoi ça ressemble, concrètement, pour beaucoup de femmes :

  • Une faim qui semble ne jamais s’arrêter, même juste après un repas copieux.
  • Des envies très précises : chocolat, pain, fromage, chips, rarement de la salade.
  • Le sentiment de « perdre le contrôle » face à la nourriture.
  • Une honte qui s’installe, parfois suivie de promesses de « se rattraper » le lendemain.
  • Une énergie en montagnes russes, avec des coups de fatigue brutaux.

Si tu te reconnais là-dedans, respire. Ce que tu vis a un nom, une explication, et surtout, des solutions douces.

Ce qui se passe vraiment dans ton corps

Pas de jargon compliqué, je te promets. Juste la vérité, simplement expliquée.

La chute de la progestérone et des œstrogènes

Dans les jours qui précèdent tes règles (la phase qu’on appelle « lutéale tardive »), tes niveaux de progestérone et d’œstrogènes chutent fortement. Si tu veux comprendre en détail ce que fait la progestérone dans ton corps et pourquoi elle compte autant, on en parle plus en profondeur dans notre article sur progestérone et progestatif.

Cette chute hormonale a un effet direct sur ton appétit : elle augmente ta sensation de faim et peut littéralement booster ton métabolisme de base. Certaines études suggèrent que ton corps brûle légèrement plus de calories au repos juste avant tes règles. Concrètement : ton corps te demande plus de carburant parce qu’il en a réellement plus besoin.

La sérotonine qui s’effondre (et pourquoi tu craques pour le sucre)

Voici le morceau que personne ne t’explique. La chute hormonale affecte aussi ta sérotonine, l’hormone du bien-être et de l’apaisement. Quand elle baisse, ton humeur en prend un coup… et ton corps cherche instinctivement à la faire remonter. Or, le sucre stimule justement la production de sérotonine. Ton envie de chocolat n’est donc pas un caprice : c’est ton corps qui cherche, à sa manière, un peu de réconfort chimique. Une vraie tentative d’auto-régulation, pas une faiblesse de caractère.

La rétention d’eau qui brouille les signaux

Le SPM s’accompagne souvent de ballonnements et de rétention d’eau, ce qui peut perturber la façon dont tu perçois ta faim et ta satiété. Ton corps envoie des signaux un peu différents de d’habitude, normal que tu te sentes parfois déboussolée face à tes propres sensations.

Le « ça me parle » du jour : ce moment où tu manges un carré de chocolat, que ça ne suffit pas, que tu en reprends un autre, encore un autre… et que tu finis la tablette en te détestant un peu ? Ce n’est pas un manque de volonté. C’est ta sérotonine qui cherche du réconfort, et ton corps qui réclame de l’énergie. Les deux en même temps. Pas étonnant que ce soit difficile à freiner.

Pourquoi la culpabilité ne fait qu’empirer les choses

Voici un cercle vicieux que beaucoup de femmes connaissent sans le nommer : tu as plus faim → tu manges → tu culpabilises → le stress de la culpabilité augmente ton cortisol → le cortisol augmente encore plus ta faim et tes envies de sucre → tu manges encore → la honte grandit.

La culpabilité ne t’aide jamais à manger « mieux ». Elle crée juste plus de stress, qui crée plus de faim. C’est un piège purement hormonal, pas un test de caractère que tu échoues chaque mois.

Et si en plus de cette faim, tu te sens globalement épuisée, à fleur de peau, vidée; il est possible que ton corps traverse une période de stress plus large que ton seul cycle. On en parle dans notre article sur le lien entre burn-out et cycle menstruel, ça vaut le coup d’aller y jeter un œil si ça te parle.

Ce que tu peux faire, concrètement (sans restriction, sans punition)

Je vais être très claire dès le départ : la solution n’est pas de te restreindre, de « résister » plus fort, ou de te priver. Ça ne fait qu’aggraver le cercle vicieux. L’idée, c’est plutôt d’accompagner ton corps intelligemment.

1. Mange suffisamment, tout le mois

Si tu te restreins en première partie de cycle, ton corps « rattrape » souvent en deuxième partie. Manger suffisamment et régulièrement toute l’année, sans privation, réduit naturellement l’intensité des envies prémenstruelles.

2. Honore tes envies, intelligemment

Envie de chocolat ? Mange du chocolat. Un chocolat noir de qualité peut même t’apporter du magnésium, qui aide justement à calmer les symptômes du SPM. Te priver totalement ne fait qu’amplifier l’envie et souvent la culpabilité qui suit.

3. Mise sur les protéines et les fibres

Sans te restreindre, ajoute simplement plus de protéines (œufs, légumineuses, poisson) et de fibres à tes repas pendant cette période. Elles stabilisent ta glycémie et atténuent les pics de faim brutale, sans jamais « contrôler » ton alimentation.

4. Bouge doucement, si tu en as envie

Une marche, un peu de yoga, des étirements peuvent aider à réguler ton cortisol et ton humeur. Mais seulement si ton corps en a envie; ce n’est jamais un outil pour « compenser » ce que tu as mangé. Si tu veux savoir comment adapter le sport à chaque phase de ton cycle, cet article est fait pour toi.

5. Dors. Vraiment.

Le manque de sommeil augmente directement la ghréline (l’hormone de la faim) et baisse la leptine (l’hormone de satiété). Si en plus tu dors mal avant tes règles, ce qui est fréquent, la faim peut sembler décuplée. On explique ce phénomène en détail dans cet article sur le sommeil avant les règles.

6. Connais tes phases pour anticiper, pas pour contrôler

Savoir que cette faim arrive généralement en phase lutéale (les jours avant tes règles) te permet d’anticiper avec bienveillance; prévoir des en-cas équilibrés, ne pas te surprendre, ne pas paniquer. Tu peux explorer tes phases hormonales en détail ici.

Si ce sujet te touche plus profondément : si tu sens que ton rapport à la nourriture dépasse le simple inconfort prémenstruel, si la culpabilité, les cycles de restriction-compensation ou la relation à ton corps te font souffrir au quotidien; parler à un professionnel de santé bienveillant (médecin, diététicienne, psychologue spécialisé) peut vraiment t’aider. Tu mérites un accompagnement, pas un jugement, et certainement pas le tien.

Et si cette faim devenait un signal à écouter, pas un ennemi à combattre ?

Voilà ce que j’aimerais que tu retiennes en refermant cet article. Cette faim qui revient chaque mois, ce n’est pas ton corps qui dérape. C’est ton corps qui fonctionne exactement comme il est censé fonctionner. Il a plus besoin d’énergie, il cherche du réconfort chimique, et il te le fait savoir de la seule façon qu’il connaît.

Le jour où tu arrêtes de te battre contre cette faim, et que tu commences à l’écouter avec curiosité plutôt qu’avec honte, tout change. Tu manges avec plus de paix. Tu te juges moins. Et étrangement, en arrêtant de lutter, beaucoup de femmes retrouvent un équilibre alimentaire bien plus naturel.

« Ta faim n’est pas un défaut à corriger. C’est un message à écouter. »

Tu n’es pas gourmande « sans raison », tu n’es pas faible, et tu n’as définitivement pas à culpabiliser pour ce que ton corps fait de manière parfaitement naturelle. Tu es une femme qui apprend, mois après mois, à se comprendre un peu mieux. Et c’est exactement ça, le chemin vers la paix avec soi-même. 🩷

Cet article t’a fait du bien ? Partage-le à cette amie qui se sent coupable devant son placard, un soir de SPM. Parfois, une seule phrase suffit à transformer la honte en compréhension.

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