Nausées avant et pendant les règles : pourquoi

Elena

Rédactrice Les Jours d'Elle

Tu te lèves le matin, tu sens que ça tourne. Ou tu passes une réunion en essayant de ne pas penser à ce que tu ressens. Ou tu annules un dîner pour la troisième fois d’affilée le même jour du mois. Non, tu n’es pas enceinte. C’est hormonal. Et c’est explicable.

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des femmes ont des nausées liées au cycle

J-2 à J+2 :

la fenêtre la plus fréquente

90 %

ont une cause identifiable et gérable

Des nausées cycliques qui reviennent au même moment chaque mois, ce n’est pas dans ta tête. C’est dans tes hormones. Et maintenant qu’on t’explique pourquoi, tu vas peut-être enfin arrêter de te demander si quelque chose ne va pas chez toi.

Il y a ce moment, chaque mois, où tu reconnais la sensation. Avant même que tes règles arrivent, parfois. Ou dès le premier jour, le matin, avant même le café. Ce haut-le-cœur discret ou bien cette nausée franche qui t’oblige à rester assise quelques minutes avant de te lever.

Et souvent, tu l’ignores. Tu continues. Tu gères. Parce que « c’est les règles, c’est normal ». Mais comme pour beaucoup de choses liées au cycle menstruel, ça mériterait qu’on en parle vraiment.

Les nausées menstruelles ne sont pas une fatalité. Elles ont des causes précises, une biologie claire, et des solutions concrètes. Ce que tu vis chaque mois a un nom, plusieurs en fait. Et les connaître change tout.

Ce qui se passe dans ton corps; sans jargon

Les prostaglandines : les grandes responsables

Tu n’as peut-être jamais entendu ce mot. Et pourtant, si tu as des nausées pendant tes règles, tu les connais très bien, tu les ressens chaque mois.

Les prostaglandines sont des molécules produites par l’endomètre (le tissu qui tapisse l’utérus) juste avant et pendant les règles. Leur rôle : déclencher les contractions utérines pour aider l’endomètre à s’évacuer. Un rôle utile, mais avec un effet secondaire bien connu : quand elles sont produites en excès, elles débordent dans le système sanguin et agissent sur d’autres organes.

Dont l’intestin. Dont l’estomac. Dont le système nerveux. Résultat : crampes intestinales, nausées, diarrhée, voire vomissements. Tout ça vient de la même molécule.

Les autres causes, au-delà des prostaglandines

1- La chute de progestérone avant les règles / Phase lutéale tardive · J-7 à J-1

Très fréquent

La progestérone a un effet stabilisateur sur l’estomac. Quand elle chute brutalement avant les règles, le système digestif perd ce frein naturel. Résultat : nausées en phase pré-menstruelle, parfois accompagnées de ballonnements, de troubles du sommeil et d’une hypersensibilité généralisée.

2- La vasopressine, l’hormone de la rétention / Pendant les règles

Méconnu

Moins connue que les prostaglandines, la vasopressine est produite en même temps et provoque une vasoconstriction (rétrécissement des vaisseaux sanguins). Résultat : pâleur, frissons, nausées et parfois évanouissements lors des règles abondantes. Si tu te sens « partir » lors des crampes, c’est souvent elle.

3- L’hypoglycémie réactionnelle / Surtout le matin des J1-J2

Très fréquent

En phase lutéale tardive et pendant les règles, ton métabolisme de base s’emballe légèrement, tu brûles plus de calories au repos. Si tu n’as pas mangé depuis longtemps ou si ton alimentation est déséquilibrée en sucre, une petite hypoglycémie matinale peut provoquer des nausées intenses avant même que les règles arrivent vraiment. C’est souvent pour ça que les nausées sont pires le matin à jeun.

4- La carence en fer et l’anémie / Surtout si règles abondantes

À surveiller

Des règles abondantes entraînent une perte de sang et donc de fer significative. Une ferritine basse peut provoquer nausées, vertiges, fatigue intense et palpitations lors des règles. Si tes nausées s’accompagnent d’une grande faiblesse et d’essoufflements; demande un bilan sanguin.

5- Le SMOP (ex-SOPK) et les déséquilibres hormonaux / Si nausées sévères et récurrentes

À explorer

Un excès de prostaglandines peut être lié à un déséquilibre entre œstrogènes et progestérone, fréquent en cas de SMOP ou d’endométriose. Si tes nausées sont intenses, accompagnées de douleurs fortes, de caillots importants ou d’une incapacité à fonctionner normalement pendant tes règles, il y a peut-être une cause sous-jacente à investiguer.

6- Le stress et le cortisol / Amplificateur de tous les symptômes

Très fréquent

Le cortisol augmente la production de prostaglandines. Autrement dit : plus tu es stressée en période pré-menstruelle, plus les nausées peuvent être intenses. Ce n’est pas psychosomatique, c’est une chaîne biochimique directe. Les périodes de charge mentale élevée amplifient tous les symptômes du cycle, nausées comprises.

Quand les nausées méritent une consultation

Signaux qui nécessitent un avis médical

Nausées accompagnées de vomissements récurrents pendant les règles qui te font manquer le travail ou l’école

Douleurs pelviennes très intenses associées aux nausées, peut évoquer une endométriose

Nausées en dehors des règles, entre deux cycles, sur plusieurs mois consécutifs

Vertiges ou évanouissements pendant les règles, peut indiquer une vasopressine excessive ou une anémie

Changement brutal et inexpliqué de l’intensité des nausées d’un cycle à l’autre

Nausées très sévères associées à des règles abondantes et une fatigue extrême; bilan ferritine à demander

Ce qui aide vraiment, sans ordonnance d’abord

Les solutions immédiates

🫚 Manger léger dès le réveil, avant même les nausées

Une petite chose à mâcher avant de se lever peut prévenir l’hypoglycémie matinale qui amplifie les nausées. Crackers, amandes, banane. Pas besoin d’un vrai repas, juste casser le jeûne doucement avant que le corps se réveille complètement.

Dès le réveil · J-1 à J+2

🌡️ Chaleur sur le ventre pour relâcher les prostaglandines

La chaleur réduit les contractions utérines en favorisant la vasodilatation, ce qui diminue la production de prostaglandines actives. Bouillotte, patch chauffant, bain tiède. En plus de soulager les crampes, ça réduit l’effet nauséeux indirect.

Pendant les J1-J2

💊 Ibuprofène pris en préventif, avant la douleur

L’ibuprofène est un inhibiteur de prostaglandines. Pris la veille ou très tôt le premier jour (avant que les crampes et nausées s’installent), il est bien plus efficace que curatif. Si tu sais que tu souffres systématiquement, parle-en à ton médecin pour un protocole préventif.

Veille ou J1 matin

🧘Position de repos, genoux contre la poitrine

La position foetale ou genoux pliés vers la poitrine réduit la tension dans les muscles abdominaux et diminue la pression sur l’utérus. Parfois ça ne fait « que » ça et parfois c’est tout ce qu’il faut pour que les nausées s’apaisent en quelques minutes.

En phase aiguë

🌬️Respiration lente, air frais

La nausée active le système nerveux sympathique (celui du stress). Respirer lentement; inspiration 4 secondes, expiration 6 secondes, active le parasympathique et peut couper la nausée. L’air frais (ouvrir une fenêtre, sortir 2 minutes) a le même effet de « reset » nerveux.

En crise · 5 minutes

LES PLANTES ALLIEES CONTRE LES NAUSEES MENSTRUELLES

CE QUE TU METS DANS TON ASSIETE LES JOURS-J

Prévenir plutôt que subir, le protocole anti-nausées cycliques

Les nausées menstruelles se préviennent mieux qu’elles ne se traitent en urgence. Si tu sais que tu en souffres systématiquement, voici ce que tu peux mettre en place dès la phase lutéale; avant que tes règles arrivent.

À partir de J-5 : réduire le sucre raffiné, le café et l’alcool. Commencer les tisanes de framboisier ou de gingembre. Vérifier que tu ne sautes pas de repas. Préparer ta bouillotte.

À partir de J-2 : magnésium bisglycinate le soir (réduit les crampes et les prostaglandines). Tisane de mélisse avant de dormir. Repas légers et chauds.

Et si ton médecin te le recommande : ibuprofène dès le soir de J-1, avant que la nausée s’installe. C’est la façon la plus efficace de l’utiliser.

« J’avais tellement honte de mes nausées. Je me disais que j’exagérais, que les autres femmes géraient leurs règles sans se sentir aussi mal. Et puis j’ai compris que mes prostaglandines étaient juste très élevées. Deux semaines de protocole anti-inflammatoire, et le mois suivant, presque rien. Juste en changeant ce que je mangeais avant. »

Témoignage reçu dans la communauté Les Jours d’Elle

Ce qu’on n’entend jamais et qu’il faut dire

Les nausées menstruelles font partie de ces symptômes qu’on minimise. « C’est les règles. » « Ça va passer. » « Mange un truc. » Comme si avoir mal au cœur une semaine par mois, perdre une journée de travail, ou ne pas pouvoir prendre de petit-déjeuner sans haut-le-cœur était une fatalité à accepter en silence.

Ce n’est pas une fatalité. C’est de la biologie. Et la biologie, ça se comprend, ça s’accompagne, ça se soulage. Si personne ne t’avait dit que les prostaglandines pouvaient causer des nausées digestives aussi intenses; maintenant tu le sais. Et cette information, elle t’appartient.

Ton ventre qui se soulève ce jour-là, ce n’est pas une faiblesse. C’est un excès de prostaglandines, une chute de progestérone, peut-être une hypoglycémie matinale. Ce sont des causes précises avec des solutions précises. Et maintenant que tu sais pourquoi, tu peux agir autrement que subir en silence. Commence par le gingembre ce soir. Et reviens nous dire comment tu vas.

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« Les informations proposées ne remplacent pas un avis médical. »