Témoignage

Témoignage

Une histoire de notre communauté

J

Johanna, 35 ans

Gestionnaire • Montréal

Publié le 6 avril 2026

Je ne suis plus une ombre : comment j’ai repris le contrôle sur mon endométriose

Dehors, il faisait -25°C. C’est le genre de froid qui te fige le visage, mais ce matin-là, au centre-ville de Montréal, ce n’est pas l’hiver qui m’a fauchée. C’est le coup de poignard. Celui que je connais trop bien.
Je marchais vers le bureau, et soudain, le monde a basculé. Une décharge électrique, violente, partie du bas de mon ventre pour irradier jusque dans mes jambes. Je me suis agrippée à un poteau électrique, le souffle coupé, la neige qui commençait à brouiller ma vue. Autour de moi, les gens pressaient le pas, et moi, je faisais semblant de chercher mes clés dans mon sac. Je souriais, les dents serrées, alors que j’avais juste envie de hurler et de m’écraser par terre.
C’était ça, ma vie à 28 ans : faire semblant que tout allait bien alors qu’en dedans, c’était la guerre.

Quinze ans dans le noir
Pendant quinze ans, on m’a dit que c’était « normal ». Ma mère, ma grand-mère, les médecins… « T’as des règles douloureuses, Jo, prends deux Advil pis ça va passer. C’est ton métier de femme qui rentre. »
Sauf que ce n’était pas normal d’être clouée au lit trois jours par mois. Ce n’était pas normal que mon chum, mon pauvre Eric, me regarde pleurer le soir sans savoir quoi faire. L’impact sur mon couple ? C’était rough, les filles. On ne se touche plus parce qu’on a peur d’avoir mal, on annule les sorties avec « ma gang » à la dernière minute, on s’isole. Au travail, je passais pour la fille pas fiable, celle qui prend toujours ses « congés de maladie ». Je me sentais comme une imposture, une femme défectueuse.
Le diagnostic est tombé à 30 ans. Endométriose. Un mot long comme un jour sans pain, qui a enfin mis un nom sur mon calvaire. Mais après le soulagement, le vide : « On ne guérit pas, Johanna. »

Le déclic : Apprendre à s’écouter (vraiment)

Je suis tombée récemment sur Les Jours d’Elle. Au début, je cherchais juste un nouveau truc pour mes crampes sur internet, mais j’ai trouvé une mine d’or. J’ai compris que je ne pouvais pas juste attendre une pilule miracle. J’ai commencé d’avantage à re avoir confiance en moi et ne plus voir tout ca  comme un ennemi, mais comme une météo qu’il fallait apprendre à lire.
Aujourd’hui je ralenti quand mes hormones me disent de le faire, et à ne plus me sentir coupable de dire non.

Lâchez pas, les sœurs !

Aujourd’hui, à 35 ans, je ne vous dirai pas que je suis guérie. L’endo, c’est ma colocataire indésirable, elle est encore là. Mais la différence, c’est que ce n’est plus elle qui tient le volant.
J’ai repris le contrôle. Je sais quand la tempête arrive, et j’ai mon kit de survie, physique et mental. Surtout, je ne me sens plus seule.
Alors, si tu me lis et que tu as l’impression que ton ventre est un champ de bataille : lâche pas. Tu n’es pas folle, tu n’es pas douillette. Ton corps te parle, et il mérite qu’on l’écoute avec amour, pas avec dégoût. On est une gang, on se soutient, et ensemble, on va transformer ces « jours sombres » en jours de lumière.
Pis n’oublie jamais : tu es bien plus forte que ta douleur !!!!
Johanna, Montréal.

Modifié légèrement sans toucher le contenu,  et avec amour par l’équipe de Les Jours d’Elle

Thèmes : Endométriose

« Les informations proposées ne remplacent pas un avis médical. »