Pourquoi tu pleures plus facilement à certains moments du mois

Elena

Rédactrice Les Jours d'Elle

Une pub à la télé. Une chanson qui passe à la radio. Un simple regard un peu trop tendre de quelqu’un que tu aimes. Et là, sans prévenir, les larmes montent. Pourtant, la veille encore, tu aurais pu regarder ce même genre de scène sans le moindre pincement au cœur.

Alors, tu te sens vite un peu perdue. « Pourquoi je suis si sensible aujourd’hui ? » « Pourquoi je pleure pour un rien ? » Et parfois, cette question s’accompagne même d’un petit sentiment de honte, comme si pleurer facilement était, en soi, un problème à corriger.

Or, ce n’est absolument pas un problème. C’est, en réalité, une réponse hormonale bien réelle, mesurable, et parfaitement normale. Alors, on va comprendre ensemble pourquoi ton corps réagit ainsi à certains moments précis de ton cycle et surtout, comment traverser ces jours-là avec un peu plus de douceur envers toi-même.

💡 Ce qu’il faut retenir d’entrée :

pleurer plus facilement à certaines périodes du mois n’est ni une faiblesse, ni un signe que « tu craques ». C’est, avant tout, une réaction chimique bien documentée, liée aux variations naturelles de tes hormones.

Non, tu n’es pas « trop sensible »

Avant même de parler biologie, il faut d’abord déconstruire une idée reçue tenace : celle qui voudrait que pleurer facilement soit un défaut de caractère. En effet, cette sensibilité accrue touche la grande majorité des femmes, à un moment ou à un autre de leur cycle et pourtant, on continue trop souvent à la vivre seule, en silence, avec un sentiment de honte injustifié.

Ainsi, si tu te reconnais dans plusieurs de ces situations, sache que tu es loin d’être seule :

  • Tu pleures devant une publicité, un film, ou même une chanson, alors que d’habitude, ça ne te fait rien.
  • Une remarque anodine peut soudain te toucher bien plus que d’ordinaire.
  • Tu ressens une émotion à fleur de peau, difficile à canaliser.
  • Tu culpabilises ensuite d’avoir « trop » réagi, alors que ta réaction était, en réalité, tout à fait proportionnée à ce que tu ressentais.

🌸 Le « ça me parle » du jour : tu sais, ce moment où tu regardes une simple publicité pour un yaourt et où, sans prévenir, une larme coule ? Puis tu te dis « mais qu’est-ce qui m’arrive » ? En réalité, ton corps te donne juste un indice précieux sur l’endroit où tu te trouves dans ton cycle.

Ce qui se passe vraiment dans ton corps

Alors, entrons maintenant dans le vif du sujet, sans jargon compliqué, promis.

La chute des œstrogènes et de la progestérone

Tout d’abord, la période la plus concernée par cette sensibilité accrue, c’est généralement la phase qui précède tes règles, aussi appelée phase lutéale tardive. En effet, c’est à ce moment précis que tes niveaux d’œstrogènes et de progestérone chutent fortement, en l’espace de quelques jours seulement.

Or, ces deux hormones jouent un rôle direct sur ton cerveau, notamment sur la production de sérotonine, cette fameuse hormone du bien-être. Ainsi, lorsque leurs niveaux baissent brutalement, ta sérotonine baisse également et par conséquent, ta régulation émotionnelle devient, elle aussi, plus fragile.

Pourquoi les larmes montent plus vite

Ensuite, il faut comprendre que pleurer n’est pas, en soi, un signe de tristesse profonde. En effet, les larmes sont avant tout un mécanisme de régulation émotionnelle; une soupape, en quelque sorte. Or, quand ta sérotonine chute, ce mécanisme devient plus sensible, plus rapide à se déclencher, même face à des stimuli tout à fait anodins.

Autrement dit, ce n’est pas que l’émotion en elle-même soit plus intense. C’est plutôt que la « barrière » qui la retient habituellement devient, à ce moment précis du cycle, beaucoup plus fine.

Le rôle sous-estimé de l’ocytocine

Par ailleurs, certaines recherches suggèrent aussi un lien avec l’ocytocine, parfois surnommée « l’hormone du lien ». En effet, ses variations au cours du cycle pourraient renforcer temporairement ta sensibilité aux émotions liées à la connexion, à l’empathie, ou à la tendresse, ce qui expliquerait, en partie, pourquoi une simple scène touchante peut soudain te bouleverser.

D’autres facteurs qui peuvent amplifier cette sensibilité

Cela dit, les hormones ne sont pas les seules en cause. En effet, plusieurs autres facteurs viennent souvent s’ajouter et intensifier ce phénomène.

La fatigue accumulée

D’abord, un sommeil de mauvaise qualité, fréquent avant les règles, réduit directement ta capacité à réguler tes émotions. Ainsi, plus tu es fatiguée, plus tes réactions émotionnelles ont tendance à s’intensifier. D’ailleurs, si tes nuits sont particulièrement perturbées avant tes règles, on t’explique pourquoi ici, et surtout comment mieux dormir malgré tout.

Le stress accumulé sur la durée

Ensuite, un stress chronique vient s’ajouter aux variations hormonales naturelles, et amplifie encore davantage cette sensibilité émotionnelle. Ainsi, si en plus de pleurer facilement tu te sens globalement à bout, vidée, submergée, il est possible que ton corps traverse une période d’épuisement plus large. On explore justement ce lien en détail dans notre article sur le burn-out et le cycle menstruel.

La faim et les carences alimentaires

Enfin, une glycémie instable, causée par exemple par des repas trop espacés, peut aussi jouer un rôle sur ton humeur. Ainsi, si tu remarques que ta sensibilité augmente en même temps que ta faim avant tes règles, cet article t’explique justement ce mécanisme, sans aucune culpabilité à avoir.

Comment traverser ces jours-là plus sereinement

Bien sûr, il ne s’agit pas d’empêcher tes émotions de s’exprimer; surtout pas. Cependant, voici quelques pistes concrètes pour t’accompagner avec davantage de douceur, plutôt que de te battre contre toi-même.

1. Laisse les larmes couler, sans culpabiliser

D’abord, et c’est sans doute le plus important : pleurer n’est jamais un échec. En effet, les larmes ont une vraie fonction physiologique, notamment celle de relâcher la tension nerveuse accumulée. Ainsi, plutôt que de te retenir ou de t’excuser, autorise-toi simplement à vivre ce moment, sans jugement.

2. Anticipe grâce à la connaissance de ton cycle

Ensuite, savoir à l’avance que cette période arrive te permet de ne plus être prise au dépourvu. Ainsi, si tu veux mieux repérer ce pattern chez toi, tenir un journal hormonal peut vraiment t’aider à visualiser cette sensibilité accrue, mois après mois et donc, à l’accueillir plus sereinement, plutôt que de la subir.

3. Allège ton emploi du temps si possible

Par ailleurs, si tu sais que cette période approche, essaie, dans la mesure du possible, de limiter les événements très exposés émotionnellement, grandes discussions difficiles, décisions importantes, confrontations. Ainsi, tu te donnes plus de marge pour vivre tes émotions sans pression supplémentaire.

4. Prends soin de ton sommeil et de ton alimentation

De plus, un sommeil suffisant et des repas réguliers stabilisent en partie ta glycémie et ta sérotonine, ce qui, par ricochet, peut atténuer légèrement cette sensibilité émotionnelle exacerbée.

5. Parle-en, sans honte

Enfin, nommer simplement ce que tu vis; « je suis plus sensible en ce moment, c’est hormonal », permet souvent d’apaiser la situation, aussi bien pour toi que pour les personnes autour de toi. Ainsi, tu évites que cette émotion soit mal interprétée, et tu te donnes le droit d’être pleinement toi-même, sans avoir à te justifier davantage.

Et si tes larmes n’étaient pas une faiblesse, mais un langage ?

Voilà, pour finir, ce que j’aimerais vraiment que tu retiennes. Pleurer plus facilement à certains moments du mois n’est ni un caprice, ni un signe de fragilité excessive. C’est, au contraire, une réponse biologique parfaitement cohérente, qui mérite d’être comprise plutôt que combattue.

Ainsi, la prochaine fois que les larmes monteront sans prévenir, essaie, autant que possible, de ne pas te juger. Rappelle-toi simplement que ton corps traverse, à ce moment précis, une variation hormonale bien réelle et que cette sensibilité, loin d’être un défaut, fait partie intégrante de ce que c’est, justement, d’habiter un corps cyclique.

« Tes larmes ne sont pas une faiblesse. Elles sont la preuve que tu ressens, pleinement, ce que tu traverses. »

Alors non, tu n’es pas « trop sensible ». Tu es simplement une femme dont le corps suit un rythme, avec ses hauts et ses bas, ses vagues et ses accalmies. Et apprendre à accueillir ces vagues, plutôt qu’à les combattre, c’est déjà un immense pas vers plus de douceur envers toi-même. 🩷


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