Chute de cheveux hormonale chez la femme : causes et solutions

Elena, autrice de l’article

Infirmière diplômée d’État · Rédactrice bénévole

Femme aux cheveux bouclés regardant sa brosse à cheveux : la chute de cheveux liée aux hormones

L’essentiel

  • Perdre 50 à 100 cheveux par jour est normal. Une chute nettement plus forte, ou une raie qui s’élargit, a presque toujours une cause qu’on peut chercher.
  • Après un choc (accouchement, arrêt de la pilule, maladie, gros stress), la chute arrive en général 2 à 3 mois plus tard, puis les cheveux repoussent en quelques mois.
  • Les causes hormonales les plus fréquentes : arrêt ou début d’une contraception, post-partum, thyroïde, SOPK, périménopause. La carence en fer, souvent liée à des règles abondantes, est aussi très courante.
  • Le stérilet hormonal et les autres contraceptions progestatives peuvent faire tomber les cheveux chez certaines femmes : c’est un effet indésirable connu.
  • Un bilan simple (ferritine, thyroïde, bilan hormonal si les règles sont irrégulières) oriente la plupart des situations. Pas de compléments à l’aveugle.

Des cheveux dans la brosse, dans le bac de douche, sur l’oreiller. Une raie qui semble plus large qu’avant. La chute de cheveux inquiète vite, et on entend tout et son contraire à son sujet.

Chez la femme, les hormones jouent souvent un rôle, mais pas toujours celui qu’on croit. Voici comment s’y retrouver : ce qui est normal, les vraies causes hormonales, ce que la contraception peut faire, et quand consulter.

Combien de cheveux perd-on normalement ?

On perd en moyenne 50 à 100 cheveux par jour, selon Dermato-Info, le site de la Société française de dermatologie. C’est le renouvellement naturel : chaque cheveu pousse pendant plusieurs années, se met au repos, puis tombe et laisse la place à un nouveau.

Ce qui doit t’alerter, ce n’est pas un cheveu de plus dans la brosse, mais une chute nettement plus forte que d’habitude pendant plusieurs semaines, une raie qui s’élargit, ou des zones où le cuir chevelu se voit davantage.

Chute de cheveux hormonale : les deux grands mécanismes

1. La chute passagère, deux à trois mois après un choc

Les médecins l’appellent effluvium télogène. Après un événement marquant, une partie des cheveux arrête de pousser d’un coup. Ils restent en place quelques semaines, puis tombent tous ensemble, environ deux à trois mois plus tard. C’est pour ça qu’on ne fait souvent pas le lien avec la cause.

D’après la fiche Vidal sur les chutes diffuses, les déclencheurs passagers sont notamment l’accouchement, une fausse couche ou une IVG, une forte fièvre, une chirurgie lourde, un choc psychologique et l’arrêt d’une contraception hormonale. Cette chute dure en général trois à quatre mois, et les cheveux repoussent complètement.

2. L’affinement progressif : l’alopécie androgénétique

Ici, les cheveux ne tombent pas d’un coup : ils deviennent plus fins et moins nombreux sur le dessus du crâne, et la raie s’élargit, alors que la ligne du front est conservée. En cause, une sensibilité des racines aux androgènes (les hormones dites « masculines », que les femmes produisent aussi), en grande partie héréditaire.

Selon Dermato-Info, elle concerne environ une femme sur cinq à 40 ans. La ménopause, un SOPK, certaines pilules, une carence en fer ou en vitamine B12 peuvent la favoriser ou l’aggraver. Elle se freine avec un traitement, d’où l’intérêt de consulter tôt.

Les causes hormonales les plus fréquentes chez la femme

Après l’accouchement

Pendant la grossesse, beaucoup de cheveux restent en phase de croissance. Après la naissance, ils tombent tous en même temps, souvent à partir de la sixième semaine, parfois plus tard en cas d’allaitement. C’est très fréquent, impressionnant, et le plus souvent réversible. Une carence en fer peut s’y ajouter : pense à le signaler lors de ta visite post-natale. Notre article sur le retour de couches t’accompagne sur cette période.

À l’arrêt ou au changement de contraception

L’arrêt de la pilule peut déclencher une chute passagère quelques mois plus tard, le temps que ton cycle se recale. Si c’est ton cas, lis notre article sur le retour du cycle après la pilule.

La thyroïde

Une thyroïde trop lente ou trop active peut entraîner une chute diffuse, souvent avec d’autres signes : fatigue, frilosité ou au contraire chaleur, variation de poids, règles qui changent. Un simple dosage sanguin permet de vérifier. Tout est expliqué dans notre article sur la thyroïde et les règles.

Le SOPK

Le syndrome des ovaires polykystiques s’accompagne souvent d’un excès d’androgènes : cycles irréguliers, acné, pilosité sur le visage ou le corps, et parfois cheveux plus fins sur le dessus du crâne. Sa prise en charge aide aussi les cheveux.

La périménopause et la ménopause

Avec la baisse des œstrogènes, les cheveux deviennent souvent plus fins et poussent moins vite. C’est aussi la période où l’alopécie androgénétique devient plus visible. Notre article sur la préménopause et la ménopause détaille ces changements.

Le manque de fer, souvent lié aux règles

Ce n’est pas une hormone, mais c’est l’une des causes les plus fréquentes chez la femme. Des règles abondantes vident peu à peu les réserves de fer, et les cheveux en pâtissent. Le dosage de la ferritine (les réserves de fer) est souvent le premier examen demandé.

Le stress

Un choc émotionnel, un deuil ou une période d’épuisement peuvent déclencher une chute passagère deux à trois mois plus tard. Et un stress qui dure peut entretenir la chute. Si tu te reconnais, lis aussi notre article sur la charge mentale et le cycle.

Pilule, stérilet, progestérone : ce que la contraception peut faire

C’est une question qui revient souvent : « ma contraception fait-elle tomber mes cheveux ? » La réponse est : parfois, oui.

  • Le stérilet hormonal et les contraceptions progestatives (implant, pilule progestative) : l’ANSM cite la chute de cheveux, avec l’acné et l’augmentation de la pilosité, parmi les effets indésirables fréquents des contraceptifs progestatifs. Tout le monde n’est pas concerné, mais si tu le remarques après la pose, ce n’est pas dans ta tête.
  • Certaines pilules dont le progestatif a un effet androgénique peuvent favoriser l’affinement des cheveux chez les femmes prédisposées. À l’inverse, des pilules à progestatif anti-androgénique sont parfois proposées en traitement.
  • L’arrêt de la pilule peut déclencher une chute passagère quelques mois plus tard.
  • Progestérone et progestatif, ce n’est pas la même chose : les progestatifs de synthèse des contraceptions n’ont pas tous les mêmes effets. Notre article sur la différence entre progestérone et progestatif t’explique pourquoi.

N’arrête pas ta contraception d’un coup sans solution de rechange : parles-en à ton médecin ou à ta sage-femme, qui peut te proposer une autre méthode. Pour comparer les options, lis notre comparatif stérilet hormonal ou cuivre.

Endométriose et perte de cheveux : y a-t-il un lien ?

Aucun lien direct n’est démontré entre l’endométriose et la chute de cheveux. En revanche, plusieurs facteurs peuvent s’additionner : des règles très abondantes qui épuisent les réserves de fer, des traitements hormonaux, la fatigue et le stress d’une douleur chronique. Si tu as une endométriose et que tu perds tes cheveux, signale-le : un bilan permet de trouver ce qui joue.

Quel bilan demander ?

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen de ton cuir chevelu et sur ton histoire : depuis quand, après quel événement, avec quels autres signes. Selon la situation, ton médecin peut demander :

  • la ferritine, pour vérifier tes réserves de fer ;
  • un bilan thyroïdien ;
  • un bilan hormonal si tes règles sont irrégulières, ou s’il y a acné ou pilosité ;
  • parfois la vitamine B12 ou d’autres dosages, selon ton alimentation et tes symptômes.

Ne prends pas de compléments à l’aveugle, en particulier du fer : un excès n’est pas anodin. Fais doser d’abord, et suis l’avis de ton médecin ou de ton pharmacien.

Ce qui aide vraiment

  • Traiter la cause : corriger une carence, équilibrer la thyroïde, prendre en charge un SOPK, adapter la contraception.
  • Laisser le temps à une chute passagère : elle s’arrête en général d’elle-même, et la repousse prend quelques mois.
  • Manger suffisamment et varié, avec assez de protéines et des aliments riches en fer. Les régimes très restrictifs font partie des causes de chute. Notre guide de l’alimentation et du cycle donne des repères simples.
  • Être douce avec tes cheveux : éviter les coiffures très serrées, la chaleur forte et les traitements agressifs pendant la période de chute.
  • Un traitement médical si besoin : dans l’alopécie androgénétique, le dermatologue peut proposer un traitement local à appliquer sur le cuir chevelu, et parfois un traitement hormonal. Ses effets se jugent après plusieurs mois.

Quand consulter ?

Prends rendez-vous avec ton médecin ou un dermatologue si :

  • la chute est forte depuis plus de trois mois, ou s’aggrave ;
  • ta raie s’élargit ou ton cuir chevelu devient visible sur le dessus du crâne ;
  • tu vois des plaques rondes sans cheveux ;
  • ton cuir chevelu est rouge, douloureux, qui gratte ou change d’aspect ;
  • la chute s’accompagne d’autres signes : règles très abondantes ou irrégulières, fatigue intense, acné ou pilosité nouvelles, variation de poids.

La chute de cheveux touche à l’image de soi, et ce n’est pas « juste esthétique ». Tu as le droit d’en parler et d’être prise au sérieux.

Questions fréquentes

Combien de cheveux perd-on normalement par jour ?

Entre 50 et 100 environ. C’est le renouvellement naturel du cheveu. Ce qui doit alerter, c’est une chute nettement plus forte que d’habitude pendant plusieurs semaines, une raie qui s’élargit ou des plaques sans cheveux.

La pilule peut-elle faire tomber les cheveux ?

Oui, dans deux situations. À l’arrêt de la pilule, une chute passagère peut survenir environ trois mois plus tard. Et certaines pilules dont le progestatif a un effet androgénique peuvent favoriser un affinement des cheveux chez les femmes prédisposées. Parles-en à ton médecin, qui peut proposer une autre contraception.

Le stérilet hormonal fait-il perdre ses cheveux ?

Chez certaines femmes, oui. L’ANSM cite la chute de cheveux parmi les effets indésirables fréquents des contraceptifs progestatifs, dont le stérilet hormonal. Si tu le remarques après la pose, signale-le à ton médecin ou ta sage-femme.

L’endométriose fait-elle tomber les cheveux ?

Aucun lien direct n’est établi. Mais des règles très abondantes peuvent entraîner une carence en fer, et certains traitements hormonaux peuvent jouer sur les cheveux. Une chute chez une femme atteinte d’endométriose mérite donc un bilan.

Les cheveux repoussent-ils après une chute hormonale ?

Dans la chute passagère qui suit un accouchement, l’arrêt de la pilule ou un choc, oui : la chute dure en général trois à quatre mois et la repousse est complète. Dans l’alopécie androgénétique, il faut un traitement pour freiner la chute.

Quel bilan faire en cas de chute de cheveux ?

Le plus souvent : ferritine (les réserves de fer), thyroïde, et un bilan hormonal si les règles sont irrégulières ou s’il y a acné ou pilosité. C’est le médecin qui choisit les examens selon ta situation.

⚠️ Pour rappel : cet article t’aide à comprendre, il ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, consulte un professionnel de santé.

Pour vérifier et aller plus loin : Les chutes de cheveux diffuses (Vidal), Tout savoir sur l’alopécie androgénétique (Dermato-Info, Société française de dermatologie), Tout savoir sur l’alopécie (Dermato-Info), DIU hormonal : effets indésirables (ANSM), Anémie par carence en fer : symptômes et diagnostic (Assurance maladie).

Article rédigé par Elena pour Les Jours d’Elle · Dernière mise à jour : 17.10.2026.
Ces informations sont éducatives et ne remplacent pas un avis médical. Notre méthode éditoriale.

Elena, autrice de l’article

À propos d’Elena

Infirmière diplômée d’État exerçant en France, Elena écrit bénévolement pour Les Jours d’Elle. Elle rend la santé menstruelle et gynécologique claire et accessible, en s’appuyant sur des sources médicales reconnues.

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